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        ~~ Ö beau rosier du paradis   ~~  de  Ch. Van Lerberghe

     

    Ô beau rosier du paradis,
    Beau rosier aux milliers de roses,
    Qui dans les parfums resplendis,
    Et dans la lumière reposes;
    Ô beau rosier du jardin clos,
    Beau rosier aux roses altières,
    Qui sur l'herbe étends les réseaux
    Que font tes ombres familières;
    Au tour de qui, toutes tremblantes,
    De l'Occident à l'Orient,
    Ces humbles et douces servantes
    Glissent et tournent lentement,
    Jusques à l'heure solennelle
    Où la nuit, à pas clandestins,
    Étendant ses voiles sur elles,
    Les confond toutes dans son sein.

    Charles Van Lerberghe - La chanson d'Eve

     


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       ~~ Chanson de Juin ~~ de A. Lacaussade

     

     L’humide éclat du lys, le blond duvet des pêches
    Seraient moins doux pour moi ,moins frais que ton baiser.
    L’abeille du désir vole et veut se poser,
    Veut se poser, ô fleur ! à tes lèvres si fraîches.

    La rose ouvre son cœur à l’amoureuse mouche,
    Et l’enivre de miel et la berce au zéphyr.
    Quand pourrai-je, à mon tour, sur tes lèvres cueillir,
    Miel divin, le baiser qui parfume ta bouche ?

    Dans l’air plein de soleil entends-tu ces murmures ?
    Que disent les oiseaux au dôme épais des bois ?
    Ce que te dit mon cœur qui gémit dans ma voix :
    J’ai faim de tes baisers et de tes lèvres mûres.

     

    Auguste Lacaussade 

     


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  •    ~~ A la croisée des chemins ~~ de Marielle

     

     As-tu croisé l'amitié ?
    As-tu croisé l'amour,
    Fugitif et regretté toujours
    Quand vos chemins se sont croisés ?

    As-tu croisé le bonheur,
    Celui qui s'est échappé
    Dans le vent ...et la peur
    D'avoir, à la croisée des chemins, trébuché !

    As-tu croisé ce visage, ce sourire,
    Resté au fond du coeur, des yeux ?
    Et gardé l'espoir insensé et pieux ...

    Sans jamais l'avouer, sans jamais le dire,
    De retrouver ce visage ...près du tien,
    Tout "là-haut" ...à la croisée des chemins !

     Marielle


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  •    ~~ Le navire au loin...~~ de François RIVALS

    J'aimerais deviner au sillage de l'écume
    Notre grand voilier de vents contraires,
    Voir ses cales déborder de rires et de larmes,
    Voir son drapeau de mer claquer,
    Marteler nos mots dans le ciel qui tangue,
    Fictions de soupirs et de joies
    Aux adieux d' une brise cyclonique
    L'autre fois sur les quais.

    Vogue mon beau galion, ma nef de dentelles !
    Souffle dans ta corne de brume,
    Qu'on entende encore les baisers anciens
    A bâbord et tribord de tes ponts !
    Que tes vastes voiles
    Déploient les couleurs oubliées
    De nos croisières inventées !

    Te souviens-tu des dunes,
    Sur ces hauts promontoires
    Où nous allions rêver ?
    Les vaisseaux de haut bord, 
    Là-bas, en fond de mer,
    Ces promesses d'horizon
    Bleues comme des mirages ?

    Les enfants en bas n'étaient plus sur la plage
    Ils oubliaient les mouettes d' au-dessus,
    Ils rêvaient devant leurs châteaux de sable,
    Les salines limoneuses qu'ils avaient creusées.

    Ils n'imaginaient pas l'Espagne, ni l'Eldorado
    Mais plus loin que portait le bout du monde
    Un grand jardin coloré de plumes d'oiseaux
    Avec des fruits tout partout qu'ils disaient, 

    Des fontaines, des bassins pleins de billes d'argent
    Des champs de fleurs aux corolles nouvelles
    Et "des petits bateaux, Maman,
    qui flottent sur l'eau, avec des ailes"

    Nous étions de ceux-là et disions :
    Et si on faisait , et si on était, et si on allait..
    Moi, je serais timonier et toi tu serais la proue
    Pour voir comment nous vient la route.

    On dépasserait les bornes de la Terre
    La nuit, on parcourrait les déserts de pierres 
    Bien au-delà du champ des étoiles.
    De tout cela, nous nous souvenons,
    Nos rencontres, nos adieux
    Là-bas, sur les quais en front de mer

    Et toujours resteront
    Les images enfantines.

    Et vogue la galère...     

      FRANCOIS RIVALS


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  •    ~~ Amertume ~~ de Calinara.

     
    Il ne reviendra pas le temps des barricades,
    Ce joli mois de mai où tout nous fut permis,
    Ni cette folle nuit où la ville endormie
    S’éveilla, effarée, au bruit sec des grenades.

    « Les lauriers sont coupés », tu le sais, camarade,
    Et rien n’est advenu de ce qui fut promis.
    Nous étions tous heureux, nous étions tous amis,
    Et je souris encor de nos gaies cavalcades.

    Lorsque j’entends sonner la cloche de Sorbonne,
    Assise à l’Escholier, au début de l’automne,
    Il me revient parfois un souvenir de mai.

    Mais aujourd’hui, hélas ! je m’y sens étrangère.
    Rien ne renaît en moi dans ces rues où naguère
    Tu écrivis « Demain ». Et je pense « Jamais ».


    Callinira


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