•  

    ~~ Nous n'irons plus aux bois ~~ de Théodore de Banville

     

    Nous n'irons plus au bois , les lauriers sont coupés.

    Les Amours des bassins, les Naïades en groupe

    Voient reluire au soleil en cristaux découpés

    Les flots silencieux qui coulaient de leurs coupes.

     

    Les lauriers sont coupés, et le cerf aux abois

    Tréssaille au son du cor ; nous n'irons plus au bois,

    Où des enfants joueurs riait, la folle troupe,

    Parmi les lys d'argent aux pleurs du ciel trempés;

     

    Voici l'herbe qu'on fauche et les lauriers qu'on coupe.

    Nous n'irons plus aux bois , les lauriers sont coupés.

     

         Théodore de Banville.


    15 commentaires
  • danse-menuet-t12958

     

     

     

    Marquise vous souvenez-vous

    Du menuet que nous dansâmes  ?

    Il était discret, noble et doux,

    Comme l'accord de nos deux âmes.

     

    Triomphante, vous surpreniez

    Tous les coeurs et tous les hommages,

    Dans votre robe à grands paniers,

    Dans votre robe à grands ramages.

     

    Vous leviez de vos doigts gantés

    Et selon la cadence douce,

    Votre jupe des deux côtés

    Prise entre l'index et le pouce.

     

    Plus d'une belle à Trianon,

    Enviait parmi vos émules,

    Le manège exquis et mignon

    De vos deux petits pieds à mules.

     

    Et distraite par le bonheur

    De leur causer cette souffrance,

    A la reprise en "la" mineur,

    Vous manquâtes la révérence .

     

                                      François COPPEE (1842/1908)

     


    14 commentaires
  •  

     

    images-de-polichinelle.jpg

     

    Dans un papier de soie alourdi d’une ganse,

    Un secret maquillé d’un remous de bonheur

    Habilement caché dans un mouchoir à fleur,

    Triche au jeu de la joie en exhibant sa panse.

     

    Est-ce un soldat de bois qui sous l’orbe  d’une anse

    Se prépare à bondir de sa boîte en couleur,

    Ou le museau pointu d’un ours un peu boudeur

    Qui bientôt entrera dans une folle danse ?

     

     Est-ce encore un voilier dont le mât étourdi

    Donne sa langue au chat d’un air peu dégourdi

    Pour vite se jeter dans le bassin du square ?

     

    Mais qui peut deviner ce que cache un cadeau

    Si ce n’est un enfant qui dessine au tableau

    Une lettre à la craie au bout d’un quai de gare ?

     

    Francis Etienne  SICARD LUNDQUIST

     

     


    12 commentaires
  •  

    La-mer-pour-maman.jpg

     

     

    O  terre ! Ah qu'il fait bon naître sur ton vaisseau

    Vivre sur tes rivages.

    Nos corps sont ta substance et tes flancs nos berceaux,

    La vie est ton ouvrage.

    Les cieux aux larges ondes

    Te porte toute ronde

    Autour du clair soleil, en présence des mondes.

    O Patrie vieille terre où nous chantons ce soir

    Tu nous défends des nuits sans lunes et des cieux noirs,

    O terre ! Ah qu'il fait bon naître sur tes rivages

    Et vivre avec ardeur les plaisirs de chaque âge.

     

              Robert DESNOS  ( 1900/1945 ) 


    22 commentaires
  •  

     

     

    Sauvageonne, nous t'avons choisie,

    Au milieu de ce cloaque, de ce fouillis,

    De tous ces chiots, là-bas dans la nichée,

    Dès le premier regard, coquine, tu nous as enjolés.

     

    Un oeil de biche étonnée ...

    Des prunelles noisette,

    Robe pie-marron lustrée,

    Tu cours et sautes comme une cabrette.

     

    Tu te joues de nous

    Derrière le sapin vert,

    Tu te caches, agile et perverse.

    Petite Lola, tu nous mets à genoux.

     

    Tu dévores ton joli panier,

    Nos chaussons, nos souliers.

    De tes exploits tu es très fière

    Assise sur ton petit derrière.

     

    Tu sais que malgré tout nous t'aimons,

    Puisqu'au salon nous t'accueillons ...

    Que jamais nous te renverrons

    Là-bas dans la paille ... avec les cochons !

     

                Marielle

     


    16 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires