Pour quelles s’accrochent Aux fils minces du temps, Qu’elles connaissent les profondeurs De la vie... Qu’elles arrivent Aux vues poétiques... D’ailleurs Les bruits, Les amas de poussière Les mettent mal à l’aise... Et ce ne sont pas là Leur seul doute......
Mon esprit est amer et mon âme se meurt Les charmes en cette vie au fil des ans périssent Mornes sont mes rêveries et leurs divins plaisirs Ces alliances nouvelles en moi me hérissent Et affectent ma nature d'une grande douleur Voici lors mon destin je...
Poète, entre les fleurs de l’âme il en est une Qui croît aux vents aigus de l’adverse fortune. Quand rêve, espoir, printemps, tout s’est évanoui, Dans le jardin aride où l’âme se recueille, C’est la suprême fleur, hélas ! que l’homme cueille, Et cette...
Attendre à la tombée du jour, Celui ou celle qui tarde tant... Sur le seuil où fraîchit le vent. Je frissonne dans ce silence alentour. En cette fin mourante du soir, L'ombre a envahi la maison. Une mince bande mauve à l'horizon, Seule, accroche mon regard,...
Mais entends-tu la cloche aux lointains voilées ? Sous la main du planteur elle annonce le jour. Sa voix lente, roulant dans les creux des vallées, Remonte, appelant l'homme aux travaux du labour. Les Noirs, à son appel, quittent les toits de chaume,...
Je suis né dans une île amoureuse du vent Où l'air a des senteurs de sucre et de vanille Et que berce au soleil du tropique mouvant Le flot tiède et bleu de la mer des Antilles. Sous les brises, au chant des arbres familiers, J'ai vu les horizons où planent...
Sur la bruyère longue infiniment, Voici le vent cornant Novembre, Sur la bruyère, infiniment, Voici le vent Qui se déchire et se démembre, En souffles lourds battant les bourgs, Voici le vent, Le vent sauvage de Novembre. Aux puits des fermes, Les seaux...
Mon ami écrivain , grand humanitaire, lance un appel, en faveur de l'Afrique en détresse. De gros sacs comme un mort sur la tête, Des paquets de survie, Des enfants chargés comme des mulets Et le voisin qui fait de la place sur son chariot à bras. L’exode...
En broyant le brouillard sous un peu de lumière Le matin barbouillé d’un long chuchotement Déambule de l’aube au bord du firmament Qu’une étoile en bâillant enferme en sa chaumière. Le soleil empaillé par une costumière Se glisse avec douceur et par enchantement...
Si douces étaient tes mains ... Tes mains si belles ...si blanches. Tes mains qui pétrissaient le pain, Qui dosaient le levain, Et fardaient l'offrande du dimanche ! Tes mains aux longs doigts de magicien, Tes mains recevant notre première née, Et tant...
Il restera de toi ce que tu as donnéAu lieu de le garder dans des coffres rouillés. Il restera de toi, de ton jardin secret, Une fleur oubliée qui ne s'est pas fanée. Ce que tu as donnéEn d'autres fleurira. Il restera de toi ce que tu as offert Entre...
Au fil de l'arroyo tranquille et sinueux, Sans efforts et sans bruits de marins ni de rames, La jonque, avant cambré, promenait par les cieux Sa voile, plein hamac où se berçaient des âmes. Elle glissait. Le mât, comme un bras étendu, Pointait, pour les...
Adieu, pays charmant, berceau de mon enfance Lieux si chers à mon cœur ; Adieu, témoins muets de mon adolescence, De mon premier bonheur ! Il me faut te quitter ô chère Basse-Terre, Et vivre loin de toi, Où j’ai toujours trouvé de l’amitié sincère Le...
A son riche sourire et son pied de satin S’attache le regard d’une foule émouvante Dont le souffle se noue au bord de l’épouvante Qu’un tambour d’un seul coup change en rire enfantin. Le funambule essuie un bras de strapontin De son ombre gracile et pourtant...
Tombez, ô perles dénouées, Pâles étoiles, dans la mer. Un brouillard de roses nuées Émerge de l'horizon clair ; À l'Orient plein d'étincelles Le vent joyeux bat de ses ailes L'onde que brode un vif éclair. Tombez, ô perles immortelles, Pâles étoiles,...
Automne au ciel brumeux, aux horizons navrants. Aux rapides couchants, aux aurores pâlies, Je regarde couler, comme l'eau du torrent, Tes jours faits de mélancolie. Sur l'aile des regrets mes esprits emportés, - Comme s'il se pouvait que notre âge renaisse...
Mon âme est ce lac même où le soleil qui penche, Par un beau soir d'automne, envoie un feu mourant : Le flot frissonne à peine, et pas une aile blanche, Pas une rame au loin n'y joue en l'effleurant. Tout dort, tout est tranquille, et le cristal limpide,...
Petite ombre silencieuse au coin de l'âtre, Avec son bonnet couleur d'albâtre, Cette blanche coiffe de percale, Toujours soigneusement empesée, Sous son menton était nouée. Ses longs jupons noirs effleuraient les dalles. Elle avait eu quatre fois vingt...
Je rêve d’un baiser aux saveurs tropicales, Aux parfums de rhum blanc, de sucres en morceaux Que croquent les enfants qui roulent des cerceaux Sur mon île lointaine aux rives amicales. Je rêve de ta voix qui verse du soleil Sur mon cœur attendri par la...
Voici revenir le printemps, Qui chasse les frimas moroses. J’ouvre mon cœur à deux battants Au roi soleil, père des roses. Je guette l’horizon vermeil, Et faites-y de longues pauses, Mon beau soleil ! Déjà les oiseaux querelleurs Sur les rameaux boivent...
Il meurt lentement Celui qui ne voyage pas, Celui qui ne lit pas, Celui qui n'écoute pas de musique, Celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux. Il meurt lentement Celui qui détruit son amour-propre, Celui qui ne se laisse jamais aider. Il meurt lentement...
A la gorge d’un gouffre où gargouille du miel Les rides du soleil fondent la nuit fugace Sur des barres de fer dont les ongles de glace Griffent les marais nus d’une perle de ciel. La ruse d’un trésor trop artificiel Trompe le mendiant serrant dans sa...
Ma feuille est bl anche, immaculée, La muse assoupie, d'inspiration dépouillée. Pourtant des images me font signe : Majestueux, sur les eaux, glisse le cygne. Ma main s'égare un peu...trace quelques lignes. La muse s'éveille et les mots grisonnent Sur...
Dans les ténèbres qui m’enserrent, Noires comme un puits où l’on se noie, Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient, Pour mon âme invincible et fière, Dans de cruelles circonstances, Je n’ai ni gémi ni pleuré, Meurtri par cette existence, Je suis debout...
L'été tout doucement s'endort. Maintenant le grand vent du nord, Brise en piquantes rafales, Du soleil les rayons trop pales. Novembre pressé arrive ...tout va finir. Mais dans le jour qui meurt, un rêve me retient : Du crépuscule des soirs où j'aimais...